Le silence inquiétant qui précède la tempête
On s'assied tremblottant dans l'engin menaçant
Si certains d'entre nous sont d'humeur à la fête
D'autres tout frémissants ferment leurs yeux d'enfant
Soudain sans crier gare, l'engin de peur démarre
Doucement, ce qui n'est pas pour nous rassurer
Nous montons, grimpons, mais sans vraiment savoir
Ou nous allons, vers le moment de vérité ?
Admirer le paysage n'est nullement
Le but premier de cette maudite expédition
Car par surprise, d'étranges sensations
Nous envoient dans toutes les directions
A gauche, à droite, en arrière, en avant
Les cris des victimes n'apaisent d'aucune façon
Les brusques et incertaines accélérations
Qui nous emmènent par delà les horizons
Soudain l'arrêt du véhicule, tel une délivrance
On s'empresse de le quitter, de peur qu'il nous reprenne
En jurant par tous les dieux que quoi qu'il advienne
On ne montera plus dans cet engin de souffrance
A peine sortis de l'enfer retentissent les plaintes
De nos frères de douleur, et au loin se profile
Une interminable et sinueuse file
C'est l'Attraction gardant ses proies dans son enceinte...
Mais déjà le plus fougueux d'entre nous
Nous entraine vers le début de l'attente
Fébrilement, nous n'osons croire ce qu'il tente
Lorsque d'un œil moqueur, à tous, il nous lance :
« Allez, on y retourne une dernière fois ? »
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Style : Poème | Par Benoit Walravens | Voir tous ses textes | Visite : 1075
Coup de cœur : 8 / Technique : 7
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